
« Je ne serai plus PDG de Spotify en 2026. » L’annonce de Daniel Ek, fondateur de la plateforme, a résonné comme un coup de tonnerre dans l’industrie musicale. Officiellement, il passe la main à deux co-PDG, Alex Norström et Gustav Söderström, pour se concentrer sur la stratégie en tant que président exécutif. Officieusement, difficile d’ignorer le timing : Spotify est en pleine tourmente, secouée par les boycotts d’artistes dénonçant les investissements d’Ek dans une start-up d’IA militaire et par les critiques persistantes sur la rémunération des streams.
Une succession planifiée… ou précipitée ?
La communication de Spotify parle d’une transition « naturelle » : Norström (commerce) et Söderström (produit & tech) assuraient déjà l’opérationnel depuis 2023. Mais le départ annoncé pile au moment où la contestation s’intensifie interroge. Est-ce un choix stratégique pour renforcer la gouvernance ? Ou un geste calculé pour éteindre l’incendie ?
Boycotts et crise de réputation
En 2025, des révélations ont mis le feu aux poudres : via son fonds Prima Materia, Ek a investi des centaines de millions dans Helsing, société européenne spécialisée dans l’IA militaire. Résultat : une vague de retraits. Massive Attack, King Gizzard & the Lizard Wizard, Deerhoof ou encore Xiu Xiu ont supprimé leurs catalogues de Spotify. Leur message est clair : impossible de laisser leurs revenus alimenter indirectement l’armement.
Et maintenant ?
Le départ d’Ek du poste de PDG n’est pas un effacement. En tant que président exécutif, il garde un pouvoir stratégique et une place au conseil.
